Jean ND Escande par Gabrielle Rigo
Jean ND Escande par Gabrielle Rigo

 

Château d’Escoussens Editions, c’est, avant d’être un nom de maison d’édition, un lieu. Un lieu de vie et de travail.

             Escoussens, c’est un petit village du sud du Tarn, au pied de la Montagne Noire, qui sépare le Tarn de l’Aude. Village escarpé du bout du monde, en haut duquel trône un château. Non pas un de ces châteaux de ville, élégant et élancé, mais un vrai château féodal, masse sombre un peu austère, qu’égaye une campagne riche, pentue et boisée.

             Depuis 1967, cette forteresse est le refuge d’un historien, Jean N.D. Escande, qui a trouvé dans la terre de ses ancêtres, une demeure chargée d’histoire, à sa mesure.

 

            Leur fille, Angélique Escande, écrivain et peintre elle-même, a repris les flambeaux familiaux; elle a fondé une famille en ce lieu même, où elle voulait continuer à vivre.

             Aujourd’hui, avec son mari Frank Dubuisson, tarnais d’adoption et de cœur, c’est une maison d’édition qu’ils fondent, voulant par là même remettre à l’honneur les ouvrages déjà parus de Jean N.D. Escande, et promulguer les manuscrits inédits qui dorment depuis de longues années, dans les malles des greniers du château.

 



Présentation du Journal Posthume de Jean Noël Dominique Escande

 Le journal de Jean Noël Dominique Escande couvre la période de 1951 à 2014, soit toute la seconde partie du XXe siècle, et le tout début du XXIe.

 

 Le journal comporte plus de 10 000 pages dactylographiées ou manuscrites. Pendant les dix dernières années de sa vie, Jean « rangea » ses pages dactylographiées dans des feuillets plastiques transparents, et constitua une cinquantaine de gros classeurs de bureau, datés. Il a souvent « retravaillé » ses textes, en y ajoutant des anecdotes qu’il n’avait pas notées sur le moment.

 

Les cahiers manuscrits couvrent des périodes de voyage, où Jean n’avait qu’un cahier et un crayon sous la main pour noter ses impressions et ses faits.

 

         L’année 1957 fut déterminante pour lui, puisque c’est pendant cette période qu’il rencontra l’amour de sa vie, Christine de Hédouville, qui devait devenir sa femme en 1961.

 

Les années 1959 et 1960 sont peu fournies, car durant cette période Jean fit, comme tous les hommes de sa génération, son service militaire en Algérie, où sévissait la guerre. Il était sursitaire, ce qui explique son départ là-bas à 26 ans ; ce séjour obligatoire de deux ans et demi fit l’objet d’un journal à part, que Jean fit paraître en deux tomes en 1995, sous les titres « L’Ami d’Alger » et « Bidon V » (voir notre site).

 

Il faut se rapporter à notre site également, pour avoir la biographie détaillée de Jean.

 

Jean tapait –avec un doigt, l’index droit, à toute vitesse-, tous les jours ou presque –surtout durant les cinquante ans où il vécut à Escoussens, dans le Tarn, au gré de ses humeurs et de ses réflexions. Il y a inséré des lettres d’amis ou des photocopies de ses propres lettres, lorsqu’elles le complétaient à ses yeux ;  ses propres lettres l’ont même souvent remplacé.

 

Le journal est un rare témoignage à plus d’un titre : de par sa longueur, d’abord, puisque la très longue période qu’il est donnée de vivre au narrateur, est décortiquée, analysée, jugée et mise à nu, ce qui en fait un document inappréciable sur le XXe siècle.

 

Ensuite parce que, révélant en filigrane le caractère, le mode de vie, les opinions et les goûts du narrateur, le journal n’est pourtant pas révélateur de l’individu lambda de l’époque : il reste hors du temps, libre, « hors circuit », pourrait-on dire, et reflète une personnalité tout à fait à part, en marge de son époque, de la société qui la constitue et du « politiquement correct » qui la caractérise.

 

 Sa seule « vie sociale » intense est les Beaux-arts, où il lui est donné de librement côtoyer ses contemporains. Le reste du temps, c’est dans la solitude à la campagne, mode de vie qu’il choisit, qu’il porte un regard sur lui et sur le monde qui l’entoure.

 

C’est donc le regard, non seulement d’un contemplatif, mais d’un être incroyablement original. Le journal en est d’autant plus précieux. Il peut choquer, déranger, amuser, exaspérer, mais jamais ne laisser indifférent.

 

Jean est décédé le 17 novembre 2016, à presque 83 ans, après une année de maladie passée chez lui, soigné avec un dévouement remarquable par sa femme, Christine Escande. Il ne pouvait plus écrire, mais comme il avait toute sa raison, il continua, de son lit de malade, à dicter son journal à sa femme.

 

Jean considérait ce journal comme l’œuvre de sa vie, bien plus que ses romans, ses études historiques ou ses dessins. Il en était fier, comme d’un héritage unique qu’il laissait aux générations à venir.

 

Nous nous sommes bornés à ajouter des notes entre crochets, lorsqu’il nous semblait qu’elles étaient nécessaires à la bonne compréhension du texte, ou lorsqu’un mot était indéchiffrable ou non sûr. Les noms propres n’ont été laissés que lorsque cela ne pouvait nuire à la réputation des protagonistes. Dans le cas contraire, ils ont été remplacés par la première lettre du nom.

 

Nous n’avons fait aucune coupure dans le Journal, considérant qu’il ne présenterait plus aucun intérêt si l’on en enlevait les passages jugés « dérangeants » pour nos contemporains. Les propos de l’auteur peuvent donc parfois heurter les sensibilités. Nous déclinons toute responsabilité vis-à-vis de ses propos : ils n’engagent que l’auteur, et lui seul.

 

 Les notes sont de Frank et Angélique Dubuisson, gendre et fille de Jean Escande.