Les Claveaux et les Linteaux

                                               Les Claveaux et les Linteaux

 

 

 

                                               Par Angélique Escande-Dubuisson

 

 

 

 

 

La porte est, par définition, une ouverture pour entrer et sortir ; les expressions populaires témoignent à quel point le mot « porte » est employé dans le langage : ouvrir sa porte, forcer la porte de quelqu’un, entrer par la grande porte, trouver porte close, mettre à la porte, enfoncer les portes ouvertes, être aux portes de la mort, etc… L’on accorde même à la porte un caractère, disant de quelqu’un qu’il est aimable comme une porte de prison.

 

La ville, qui est une grande maison, a, ou du moins avait, une porte permanente qu’elle pouvait ouvrir ou fermer selon les circonstances ; les « arcs de triomphe » dont l’origine remonte aux Romains qui en dressaient sur le passage de leurs triomphateurs, sont, quant à eux, des portes temporaires : la porte n’a plus ici la fonction de faire entrer ou sortir, mais celle d’accueillir un homme important, héros ou souverain, en le faisant entrer allégoriquement et triomphalement.

 

La porte de la maison individuelle, tout comme la porte de la ville, s’est inventé un sceau qui délimite et sacralise à la fois cette notion de porte. Ce sceau, c’est le claveau central ou le linteau.

 

Le claveau (du latin clavis, clé), est cette pierre en forme de coin servant à fermer le dessus d’une porte ; clé architecturale de la porte, sans laquelle celle-ci ne tiendrait pas debout, il est aussi la clé symbolique de la porte, idéale pour personnaliser la maison.

 

Le linteau (du latin limes, limite), quant à lui, est une pierre rectangulaire qui, en remplaçant le claveau dans certaines maisons, ferme la partie supérieure d’une ouverture, et soutient la maçonnerie de cette ouverture. « Limes » (limite) dit assez avec « clavis » (clé), combien sont liées, outre leurs fonctions architecturales, leurs fonctions symboliques de délimitation.

 

Ainsi, ont fleuri ça et là, durant des siècles, de façon individuelle, des claveaux et des linteaux sculptés ou gravés à la main, uniques, et c’est bien sûr à cette architecture populaire que nous nous sommes intéressés.

 

Le propriétaire y mettait la date de la fondation de sa maison ; il y ajoutait son nom, la date de son mariage ; le poète y gravait un cœur, quelques fleurs ; l’artisan transcrivait dans la pierre ses outils, avec une habileté naïve, faisant du claveau son enseigne ; le curé y dessinait sa barrette, son étole. L’on usait d’imagination enfin, pour faire connaître sa foi, son métier, son nom, ses dates, ses goûts propres, et également pour protéger sa maison à l’aide de symboles religieux.

 

Le claveau ou le linteau sculpté est de toute évidence, un art éminemment individualiste et isolé. C’est un art populaire unique, une tradition de peuples ruraux sédentaires, retirés, attachés à leur lieu de naissance, ancrés à leur habitat, qui eurent besoin plus que quiconque de « marquer leur territoire », de traduire leur identité dans la pierre.

 

Dans le Tarn, cette idée semble illustrée, car plus les régions sont enclavées, retirées, loin des grands axes, plus le claveau et le linteau sculptés y semblent prolixes. Ainsi,  à titre d’exemple, le canton de Castelnau-de-Montmiral, le piémont de la Montagne Noire, entre Escoussens et Sorèze, étayent cette hypothèse, de même que les lieux retirés du Margnès. Par contre, le claveau ou le linteau sont peu représentés dans le grand axe Albi-Cordes, ou celui de Gaillac.

 

 

 

Que trouve-t-on sur le claveau ou le linteau ? Des décors bien sûr : quoi de plus naturel que de vouloir enjoliver sa maison ? Du cœur à l’étoile, en passant par les têtes, les animaux domestiques ou chimériques, les décors sont variés.

 

Cependant, les décors végétaux tiennent une large place, de la fleur au bouquet, de la palmette au feuillage ; les végétaux sont de par leurs formes gracieuses, charmantes et innombrables, idéaux pour la décoration, et souvent très réussis.

 

Les décors de têtes sont fréquents à partir de la Renaissance et pendant l’époque classique, qu’elles soient placées de part et d’autre du linteau, ou qu’une seule forme le claveau.

 

L’étoile a fréquemment sa place sur le claveau ; le soleil également, ainsi que la roue solaire. Le svastika ou croix basque, bien que symbole très ancien, est assez rare dans le Tarn.

 

 

 

Le claveau est l’endroit légitime pour marquer son identité, pour personnaliser sa maison. Extrêmement courantes sont les initiales du propriétaire, ou la gravure de son nom entier, avec, souvent, l’abréviation « FP » : « Fait par ». Dans ce cas, le sculpteur et le propriétaire de la maison sont en général une seule et même personne ; c’est d’ailleurs le seul cas où l’on peut connaître le nom du sculpteur ; car un claveau est très rarement signé, malgré souvent, la très belle réalisation esthétique. Cela tendrait à dire que le travail de sculpture est considéré comme artisanal, et est conçu pour agrémenter la maison, et non comme faire-valoir du sculpteur. Il arrive que le nom soit gravé à l’envers : l’auteur, illettré, se serait servi d’un calque ou d’un modèle dont il ne comprenait pas le sens.

 

Les devises ne sont pas rares sur les maisons bourgeoises, mais plutôt rares et incongrues sur les maisons populaires, à part peut-être, sur les auberges, où le crédit était fort pris à parti ! Quant à l’autoportrait du propriétaire, il existe, mais rarement ; peut-être aussi parce que l’histoire de la maison s’est perdue, et que nous ne voyons plus qu’un décor, là où existait parfois un véritable portrait.

 

 

 

Les « commémorations » sont nombreuses, surtout les dates de construction ou de restauration des maisons, ou encore l’installation du propriétaire dans la maison. Le mariage y a aussi sa place, bien qu’il ne se devine plutôt qu’il ne s’expose clairement, par le nombre de symboles allant dans ce sens ; mais tous les cœurs, bien sûr, ne commémorent pas des événements amoureux…

 

 

 

            Les claveaux font évidemment dans l’ancien temps, fort souvent fonction d’enseignes, surtout pour les artisans des campagnes. On y trouve le tailleur avec ses ciseaux, le maréchal-ferrant -ancêtre de nos garagistes-, le forgeron, le charron, le tonnelier, le charpentier de moulin, le maçon, le serrurier, le cordonnier, le menuisier, le vigneron, tous avec leurs instruments propres, aux noms et aux formes aujourd’hui devenus rares, quasiment oubliés. Les compagnons de toutes sortes sont facilement reconnaissables à leurs bisaiguës et leurs compas…

 

D’avantage en ville, trouverons-nous les métiers naturellement plus urbains : le juge de paix, le notaire, le négociant, le commerçant. Et ça et là, sur les bords des routes, fleurissaient les grands et beaux linteaux des auberges, accueillants, bien que sans concessions sur la mort du crédit… L’auberge de pèlerin n’y est pas oubliée, avec sa jolie coquille.

 

 

 

Les établissements laïques, écoles, prisons, bien que peu nombreux par rapport aux religieux, sont pourtant présents, avec leurs porte-plumes, leurs cahiers et leurs manicles…

 

 

 

Les maisons de prêtres, les presbytères, nantis d’étoles et de burettes, font florès ; le monogramme du Christ, I.H.S., protecteur, est très utilisé à partir du XVe siècle, et le nom d’un saint, ou la statuette à son effigie, n’est pas rare ; le saint peut être choisi soit parce qu’il est particulièrement vénéré par le propriétaire, soit parce qu’il est le saint patron de telle ou telle confrérie, installée à tel ou tel endroit.

 

 

 

Ainsi le Tarn recèle-t-il au hasard des ruelles sombres de ses petits villages ignorés, aux détours rarement empruntés des routes secondaires, de ravissants bouts de pierre sculptés, gravés, avec un goût naïf. C’est non sans une certaine émotion, renouvelée à chaque fois, que je découvre ces « petits morceaux » de l’histoire de quelqu’un, la seule date sans doute qui perdure d’une existence rasée à jamais de la vie sur terre. Malheureusement, depuis 1995, date à laquelle est paru mon ouvrage sur les claveaux tarnais, bon nombre d’entre eux ont déjà disparu. Ceux qui ont subsisté sont heureusement rénovés et précieusement mis en valeur.             Puissent nos contemporains faire plus attention à ce petit patrimoine, seuls évocateurs des vies d’autrefois.

 

                                                           Angélique ESCANDE-DUBUISSON

 

 

 

 

 

 

 

Photo 1

 

 

 

A Bellesserre (canton de Dourgne), ce ravissant bouquet de fleurs aux formes et à la symétrie très recherchées, s’épanouit dans un vase à anse, probablement XVIIe. 

 

 

 

 

 

Photo 2

 

 

 

La tête d’homme qui surmonte une porte voûtée rue Foulimou, à Puylaurens, est XVIIIe, à perruque à marteaux, fort belle et naïve. 

 

 

 

 

 

Photo 3

 

 

 

Une tête de Bacchus tire la langue aux passants, sur l’avenue d’Albi, à Castres. Les feuilles et les grappes de raisin dans les cheveux, la barbe frisée sont d’une sculpture soignée, ainsi que les traits du visage. Ce claveau est intéressant de par son éventuelle fonction de « figure-repoussoir » : les figures grimaçantes répondaient, au Moyen-Age, à des préoccupations d’ordre magique, la grimace ayant le pouvoir d’éloigner le mauvais œil. Ici, à  la fin du XIXe siècle, s’agit-il de la même fonction ? 

 

 

 

 

 

Photos 4, 4 bis, 5, 5 bis

 

 

 

Une pierre isolée sur la façade d’une maison, à Mézens (canton de Rabastens) est sculptée : « fait le 12 septembre 1766 par BPP». Un animal ailé, peut-être un griffon, orne cette pierre sur le côté droit. La même maison présente trois fenêtres, surmontées, pour celle du milieu d’une pierre sculptée d’un renard ou d’un loup, et pour les deux l’encadrant, d’un oiseau de profil. Il ne faut pas négliger la possibilité de réemploi de pierres romanes au XVIIIe, où la pierre datée aurait été rajoutée pour parachever ce bel ensemble décoratif d’art populaire. 

 

 

 

Photo 6

 

 

 

Ce joli cœur daté 1809 orne une porte à Massaguel (canton de Dourgne).

 

 

 

            Photo 7

 

 

 

Une étoile à six branches datée 1810 à Massaguel (canton de Dourgne).

 

 

 

Photo 8

 

 

 

 Le svastika est un symbole très ancien, plutôt rare dans le Tarn. Il indique un mouvement de rotation autour d’un centre. Ici, à Masnau-Massuguiès, dans le canton de Vabre, daté 1881. 

 

 

 

Photo 9

 

 

 

Les lettres AFR, très gracieusement combinées au XIXe, peuvent se lire à Vielmur dans la Grand’Rue. 

 

 

 

Photo 10

 

 

 

G D M  accompagnent la date 1721 à Monestiés. Le f minuscule doit vouloir dire « fecit », c'est-à-dire fait par.

 

 

 

Photo 11

 

 

 

Ce linteau très rustique se trouve curieusement au-dessus d’une des fenêtres de la terrasse du château du Cayla, chez Eugénie de Guérin, à Andillac (canton de Castelnau de Montmiral). Il est d’un siècle antérieur aux Guérin, puisqu’on peut y lire 1783 à l’endroit et à l’envers. Il fut vraisemblablement gravé par un illettré : Clamen (Clément) se lit à l’envers, et Cubiee (Cubier ou Cubié) à l’endroit. Il semblerait que l’auteur se soit servi d’un calque à l’envers, pour la gravure de son prénom phonétique, parce qu’il ne comprenait pas le sens de ce qu’il gravait. 

 

 

 

Photo 12

 

 

 

A Alban, place du Foirail, on peut voir un linteau daté 1899 et annoté : « FT (fait) LE 19 MA (Mars ou Mai ?) JOSEPH BARDI »

 

 

 

Photo 13

 

 

 

« Fait par Cabot 1789 » peut se lire à Trébas (canton d’Alban).

 

 

 

Photo 14

 

 

 

« l’an 7 f.p. Gallié » peut se lire à Trébas (canton d’Alban), où il y a véritablement une mode du « fait par » sur les claveaux rencontrés.

 

 

 

Photo 15

 

 

 

« Satis moritur coelum non solum », devise latine signifiant : « C’est assez de mourir, je n’irai pas au ciel tout seul », se trouve à Puech Auriol, tout près de Castres ; ce genre de maxime, signifiant l’égalité des hommes devant la mort, était chère à l’aristocratie du XVIIe siècle. Mais, fait rare, ce linteau, daté 1681, est placé sur une maison paysanne des plus banales. Peut-être son propriétaire l’a-t-il copiée sur l’Hôtel Leroy de Castres, où elle figure également, par goût des devises citadines et érudites. 

 

 

 

 

 

Photo 16

 

 

 

Il se trouve à Labruguière, en haut d’une rue perpendiculaire à la gare, un hangar dont le portail s’orne d’une grosse tête d’homme, ronde et naïve, qui surmonte la date 1825. La tradition orale dit qu’il s’agit de l’autoportrait d’un tailleur de pierre, un certain Gleizes, ancien sapeur de Napoléon. D’une manière facétieuse, il s’est représenté avec une guirlande de fleurs dans les cheveux. Ces détails se trouvent dans « L’Enfance de Clément » Jean N.D. Escande, réédition 2009, Château d’Escoussens Editions. 

 

 

 

Photo 17

 

 

 

« 1741 P.C.R. MDCCXL  F.P. (fait par) C. » peut se lire dans la Grand’Rue d’Alban. Ici, ce sont les chiffres romains  qui retranscrivent l’année, à un chiffre près…

 

 

 

Photo 18

 

 

 

« Le 7 ma (mars ou mai) RS (restaurée) 1783 ». Sur ce linteau de Viane, Etienne Olombel fait état de la restauration de sa maison, ornée d’un beau lion héraldique.

 

 

 

Photo 19

 

 

 

Le claveau qui orne l’arc au-dessus du lavoir, à Viane, est marqué : « 1804 AN XII – J E » Il n’est pas rare de trouver, après la Révolution, les deux dates accolées. 

 

 

 

Photo 20

 

 

 

Cette porte du hameau de La Baillé, sur la commune de Saint-Gauzens, dans le canton de Graulhet, que nous pensons dater du XVIIIe, conjugue les éléments propres au mariage, à la maison généalogique et au métier du propriétaire. Les deux colombes, symboles de paix et de renouveau, par référence à l’arche de Noé, se font face sur le linteau ; les cœurs au nombre de huit, complètent l’idée d’amour et d’infini ; l’homme et la femme, les deux arbres de vie, symétriques… Tout est fait pour évoquer une porte de mariage. La « sparterie », sorte de coiffe en résille tressée que porte l’homme, désigne son métier : bouvier ou conducteur de troupeaux, autrement dit  « baylé » (maître-valet) dans l’ancienne France. Il a d’ailleurs vraisemblablement donné le nom de son métier au hameau.

 

 

 

Photo 21

 

 

 

Un aigle napoléonien daté 1812, consacrerait le retour d’un soldat de l’Empire dans ses foyers, à Massaguel (canton de Dourgne).

 

 

 

Photo 22

 

 

 

Les attributs du maréchal-ferrant sont sculptés en détail à Monestiés en 1800 ; en plus du traditionnel fer à cheval, on en voit un autre, plus courbe, destiné aux bœufs, et la sculpture d’un grattoir, outil spécifique pour aplanir, rectifier, enlever les aspérités du sabot. 

 

 

 

Photo 23

 

 

 

Fort beau claveau-enseigne de forgeron se trouvant à Saïx (canton de Castres) ; on y voit un marteau et des tenailles sculptées avec la date 1832. 

 

 

 

Photo 24

 

 

 

L’outillage complet d’un tonnelier peut se voir à Cuq-les-Vielmur (canton de Vielmur). Une herminette à hache, à tranchant recourbé, par analogie avec la forme du museau de l’hermine, était utilisée pour faire des entailles, ébaucher des débardements et dresser le bois ; des tenailles et une gouge spéciale pour faire les tonneaux, espèce de ciseau creusé en gouttière, l’accompagnent.

 

 

 

Photo 25

 

 

 

Au hameau de la Catharié, sur la commune de Vénès, canton de Lautrec, se trouve cet intéressant ensemble : une pierre gravée d’un roudet ou meule de moulin, d’une fleur de lys et d’un « fer à moulin », ou « croix de moulin », qui est la partie centrale en fer, de la meule tournante au-dessus de la meule dormante ; il tient l’axe qui relie les deux meules. Sur le claveau central, la date 1612 et G.R., placés sous le monogramme du Christ, I.H.S., et une croix. Deux têtes encadrent le claveau. Nous savons, quasiment avec certitude, que G.R. signifient Guillaume Ricard, meunier. Il s’agirait d’un moulin à vent : nous sommes dans le Lautrecois.

 

 

 

Photos 26 et 27

 

 

 

A Vénès, sur une petite place, se trouvent deux claveaux : sur le grenier à foin au premier étage d’une maison, et sur une grange en dessous. En haut est sculpté : J Bru avec un cor de chasse entourant des cymbales. Sur la grange, la date 1900 avec deux branches de laurier croisées encadrées d’une petite fourche et d’une pelle. D’après la tradition orale, Jules Bru en fut le sculpteur ; Ernest Bru, son frère, avait fait le tour de France comme maçon; ils construisirent eux-mêmes leur maison. On ne sait si l’un ou l’autre était musicien, ou jardinier…

 

 

 

 

 

Photo 28

 

 

 

 L’atelier d’un charpentier de moulin était indiqué à Saïx (canton de Castres), par deux roues ou roudets, dont l’une a des essieux carrés. Le claveau est daté 1838.

 

 

 

Photo 29

 

 

 

Deux clés croisées XIXe marquent certainement la boutique d’un serrurier à  Sémalens (canton de Vielmur).

 

Photo 30

 

 

 

Ce splendide linteau-enseigne de cordonnier, XVIIe probablement, d’une rare qualité, peut se voir à Cordes. Ses différents outils y sont représentés en relief, de part et d’autre de la chaussure : les pinces, une forme -moule sur lequel on fait une chaussure-, un marteau, et un tranchet, outil d’acier plat et affilé, pour couper le cuir. D’après Charles Portal, dans l’ancien temps, « chaque porte avait son corps de garde, logis qu’occupait en temps de paix un locataire, assez souvent un cordonnier. On s’explique donc les sculptures qui surmontent une ouverture latérale du portail de Vigueri… »

 

 

 

Photo 31

 

 

 

Avec la date 1827, des ciseaux, un fer à repasser, et vraisemblablement une craie pour marquer le tissu, constituent la très belle et unique enseigne d’un tailleur à Verdalle, dans le canton de Dourgne. 

 

 

 

 

 

Photo 32

 

 

 

Au hameau de Cabrilles-Saint-Clément, dans le canton de Lautrec,  se trouve ce très beau linteau de compagnon charpentier. De part et d’autre d’un cartouche daté 1789, se trouvent les emblèmes des compagnons charpentiers : compas, bisaiguë et équerre. Une croix couronne le tout. 

 

 

 

 

 

Photo 33

 

 

 

Cestayrols, dans le canton de Gaillac, possède un claveau sculpté d’un vigneron à cheval sur son tonneau, daté 1850 ; il désigne certainement la maison d’un vigneron ou d’un marchand de vin. C’est cependant le seul qui évoque le vin dans cette région viticole.

 

 

 

Photo 34

 

 

 

A Alban, place du Foirail, un linteau désigne un maçon : « 1831 JBM 27 JT (Juillet) Maçon »

 

 

 

Photo 35

 

 

 

Une auberge est déterminée à Saïx (canton de Castres), sur la grand-route allant à Soual, par une bouteille au milieu de branches de laurier, avec la date 1809. 

 

 

 

Photo 36

 

 

 

« Argent fait tout bien faire pour tout » semble désigner une auberge à Viane, dans le canton de Lacaune. 

 

 

 

Photo 37

 

 

 

A Miolles, dans le canton d’Alban, on peut lire sur une belle porte : « alberge 1838 » avec une coquille saint Jacques. Ce linteau pourrait désigner une auberge pour les pèlerins de passage, dans ce village des Grands Causses.

 

 

 

 

 

Photos 38 et 39

 

 

 

Une école religieuse à Frèjeville, dans le canton de Vielmur, était signalée par deux claveaux ; l’un symbolisant le métier d’instituteur, avec un cahier d’écolier ouvert et un porte-plume, le tout surmonté des quatre premières lettres de l’alphabet. L’autre lui faisant pendant, sculpté de la date 1875, correspondant certainement à la construction, est sculpté d’un chapelet et des initiales entrelacées de la Vierge (A.M. : Avé Maria). 

 

 

 

Photo 40

 

 

 

Au château d’Escoussens, dans le canton de Labruguière, un linteau désigne la prison : il est sculpté en relief au-dessus de la porte des anciens cachots, de deux « manicles » ou fers, que l’on mettait aux poignets et aux pieds des prisonniers. Le motif, martelé à la Révolution, était répété dans la prison, au-dessus de la porte intérieure du cachot, où il est resté, là, intact.

 

 

 

Photo 41

 

 

 

Une coquille et une balance avec la date 1836, peuvent se voir au 35 rue des docteurs Sicard, à Castres. Cela pourrait être l’étude d’un juge de pa   ix ou d’un notaire, faisant peut-être allusion à la fable « l’huître et les plaideurs ».

 

 

 

            Photo 42

 

 

 

            L’ancien presbytère de Saint-Salvy de Magrin (canton de Saint-Paul Cap de Joux) est magnifiquement sculpté des attributs du prêtre : la barrette (bonnet noir des ecclésiastiques), l’étole, les cordes de l’aube, les burettes (récipients où l’on met le vin de messe), recouvertes du manuterge, petit linge rectangulaire avec lequel l’officiant s’essuie après s’être lavé les mains, et que l’on pose, plié, sur les burettes. Il est daté 1688 avec un F.

 

 

 

Photo 43

 

 

 

A Florentin (canton de Cadalen) se trouve une croix de malte, courante sous la Royauté, sur une étole ; elle désignait probablement la maison d’un ou de plusieurs prêtres.

 

 

 

Photo 44 et 44 bis

 

 

 

Une pierre porte l’inscription : « Ier mars 1820 EBRARD curé » à Mézens, canton de Rabastens ; un cartouche, sur la même maison, est gravé : « 5 mars 1820 » avec un oiseau. En y regardant de plus près, la date 1820 a été regravée sur la date 1712. Probablement un prêtre prédécesseur…

 

 

 

Photo 45

 

 

 

Un Christ très primitif est sculpté sur une pierre réemployée sur un mur, par hasard visiblement, dans le petit village de Riols (canton de Vaour) ; dans la tradition des très anciens Christ protecteurs, il étend ses bras au-dessus de deux personnages plus petits que lui, de part et d’autre de sa personne, formant de son corps une croix.

 

 

 

Photo 46

 

 

 

« P ou (F ?) Cousteaux maire 1845 Gaubert fecit » peut se voir, admirablement gravé au-dessus du linteau de la petite tour de la chapelle Saint-Dominique, à Mouzieys-Panens, dans le canton de Cordes. Il doit s’agir de la construction (ou de la restauration) de cette tour, à l’initiative de ce maire Cousteaux. Le maire et le sculpteur sont ici deux personnes distinctes.

 

 

 

Photo 47

 

 

 

Ce claveau, où l’on peut lire l’inscription : « Sancte Hieronime Ora Pro Nobis » (Saint Jérôme priez pour nous), provient de l’Oratoire des Pénitents Bleus de Labruguière, qui n’existe plus ; Saint Jérôme était le patron de certaines confréries de Pénitents Bleus (Collection privée).

 

 

 

 

 

A Vénès, canton de Lautrec, sur une petite place, se trouvent trois claveaux : sur la porte principale d’une maison, sur le grenier à foin au premier étage, et sur une grange en dessous. Sur la porte principale, on distingue un fil à plomb, une équerre, la date 1905, un phylactère et un cartouche. En haut est sculpté : J Bru avec un cor de chasse entourant des cymbales. Sur le claveau de la grange, la date 1900 avec deux branches de laurier croisées encadrées d’une petite fourche et d’une pelle. D’après la tradition orale, Jules Bru était le sculpteur ; Ernest Bru, son frère, était maçon, avait fait le tour de France, et avait un don de conteur. Ils construisirent eux-mêmes leur maison et celle des voisins, en 1906. Vraisemblablement le claveau de la porte centrale, avec le fil à plomb, l’équerre et la date 1905 a été gravé sur une porte déjà existante ; alors que les deux autres claveaux, plus soignés, ont été faits en même temps que la construction -ou plutôt l’extension- de la maison.

 

 

 

 

 

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