Téléchargement gratuit d'articles parus, d'études historiques, nouvelles et romans non publiés.

FONSAGUETTE - Roman historique

              Avertissement

Il y a du Capitaine Fracasse dans Fontsaguette, il y a du Monte-Cristo. Tout en somme, ce qu’aimait Jean dans la littérature populaire, tout ce qu’il y admirait : les descriptions à l’envi, poétiques, détaillées et précises, les brillantes métaphores, les vieux logis ruinés, les vies de garnisons, les batailles, les trésors cachés, les sympathiques bandits au grand cœur, qui se révèlent souvent plus propres que les honnêtes, les vengeances, les prédictions et les moments de clair de lune quasi surnaturels.

Car Fontsaguette se veut roman populaire ; et de fait c’en est un sur bien des points : les rebondissements, les personnages qui s’y croisent, s’y recroisent, s’y reconnaissent, s’y aiment, et s’y font du mal, le suspens, le souffle enfin, puissant, qui propulse les héros avec brio, tels les pions d’un vaste jeu d’échecs, comme dans les meilleures pages d’un Théophile Gautier ou d’un Alexandre Dumas Père.

Cependant Fontsaguette est écrit par un pur érudit, que dis-je, LE grand érudit devant l’Eternel, qui lui, n’avait rien de populaire. Les références littéraires, les citations latines et les chansons anciennes y sont nombreuses, jusqu’à un argot du XVIIIe connu d’une poignée d’élus sans doute, et la véracité historique, rigoureuse dans ses fourmillants détails et ses adroites circonvolutions, y est omniprésente. Jean s’est régalé à étaler son vivier de connaissances, et à brandir ses opinions à chaque page, comme autant de bouquets tout faits. Opinions politiques, opinions antimilitaristes, mais aussi ses dadas personnels : l’inconstance des hommes, la trop grande patience des femmes, leur faiblesse vis-à-vis du sexe fort.

C’est une formidable leçon d’histoire sur la Révolution ; à cela nul doute. Et aucun livre d’histoire ne révèlera au néophyte les incontestables horreurs de cette période, qui s’apparente à s’y méprendre aux camps de la Mort de la dernière guerre.

Les descriptions, les détails sont plus que soignés ; ainsi Fontsaguette, cette ferme du bout du monde dans la Montagne Noire – qui entre autres choses n’a pas eu beaucoup de troubadours pour la chanter, si ce n’est Jean -, est décrite à ravir ; on en sent les odeurs, on entend les cris des chiens, le concert des oiseaux dans les frondaisons ; on s’attable à la cuisine, on y vit ; Paris au XVIIIe est vivant comme l’est celui d’aujourd’hui, avec ses ruelles, ses églises, ses cochers, ses marchands, ses révoltes, ses horreurs, ses amusements et ses absurdités.

Néanmoins, ces détails que Jean s’est amusé à narrer, se développent longuement, quelquefois au détriment des grandes lignes du récit, survolées, si l’inspiration ne lui en est pas venue. Ainsi, Amsterdam reste inexistant : Jean préfère décrire à la place les clochers de Paris qui, dans le rêve du graveur Bance, sont nettement plus attractifs pour l’écrivain.

Et puis, il y a des anachronismes, des impasses, des longueurs. Il y a des personnages secondaires que l’on ne retrouve jamais. Jean ne peut s’empêcher de mettre son opinion sur les architectes (qui furent ses condisciples pendant huit ans aux Beaux-Arts) qui « logent volontiers leurs contemporains dans des clapiers dont eux-mêmes se gardent de faire usage ». Sans doute le propos est-il vrai, mais il a sa place ici comme un cheveu sur la soupe. Des passages, simples moments d’existence pris sur le vif, ne débouchent sur rien. Ainsi le marchand de fromages est-il amusant, certes, vivant, cela va sans dire, mais sans plus de but ; les trois bandits, à la fin, s’éclipsent honteusement, sans un mot, alors qu’ils auraient eu à dire, vu l’importance qu’ils avaient revêtu tout le long du récit.

 C’est un roman vivant, inachevé et imparfait. Mais quoi ! La vie n’est-elle pas vivante - par définition -, inachevée et imparfaite ? N’est-elle pas pétrie de situations mirobolantes qui se révèlent être des impasses ? N’est-elle pas ornée de personnages flamboyants qui nous hantent un moment et disparaissent un beau jour sans autre forme de tambour ?

Dire le nombre de réminiscences et de souvenirs personnels que Jean a mis dans Fontsaguette, est incalculable. Chaque chose, chaque lieu, chaque personne qui a compté un tant soit peu dans son existence, se retrouvent dans le roman. Il est inutile d’en faire l’énumération : au néophyte, elle ne dira rien. Il suffit de retenir que Louis Bance, le graveur, c’est lui ; il en a l’orgueil, la vision désabusée du monde. Et il finit par épouser, après bien des aventures, Stefanie, la belle Polonaise, fille d’aristocrate guillotinée, dans laquelle on reconnaît l’amie de toujours, Stanie de Golish. Et puis tous les amoureux des « Enfants du Paradis » reconnaîtront évidemment le « Chand d’habits » et le « Vous avez souri, ne dites pas non, vous avez souri ».

Fontsaguette n’est pas fini. Les deux premières parties, abouties, dans lesquelles on sent une maîtrise parfaite des intrigues, une trame réfléchie menée tambour battant, eussent demandé une suite rigoureuse. Mais cette suite s’étiole dans les deux dernières parties inachevées ; des notes avaient bien été prises, ça et là, sur des papiers de rencontre, jamais numérotés, cela va sans dire, mais Jean négligea – ou se désintéressa, vu le peu de succès que le roman décrocha auprès des éditeurs - de les taper à la machine et son écriture, rapide, jetée avec fougue sur le papier par un esprit plus rapide encore, se révéla bien souvent illisible. Et puis, il y avait des doubles, des triples de Fontsaguette. Et chacun de ces doubles avait été retravaillé, en dépit des autres, chacun à des endroits différents. Un casse-tête que nous avons tant bien que mal reconstitué. Cependant il reste des manques, certes grossièrement ébauchés, auxquels nous avons pallié par de brèves phrases de liaison.

Jean note dans son journal, au tout début de 1970 : « Ces temps derniers à La Coste j'ai entrepris le roman auquel je pense depuis longtemps : l'histoire d'un volontaire de 92 ». Dès lors, Il y travaille d’arrache-pied, avec la passion qui lui était propre. Ce n’est pas rare qu’il écrive toute la journée : « toute la journée sous le porche les aventures d’Olympe » (Journal, 21 janvier 1970), sachant qu’il ne fait pas que ça : « J'alterne le tapage des lettres des Lacroix [lettres de grognards de Castres], heureusement très lisibles, et mon roman : je poursuis mes héros de la bataille de Tirlemont aux frasques des émigrés à Schonbornslust. La nuit dernière je me suis levé à 4 h. du matin pour continuer leurs aventures, c'était délicieux, le jour se levait et plein d'oiseaux s'ébrouaient le long du ruisseau, dans la brume. Le soir, je relis les mémoires de d'Espinchal, Saint-Priest, François de Cézac et autres émigrés pour me maintenir à température convenable. Il me semble que j'ai plus d'un point commun avec ces gens : le renfermement, l'inadaptation au milieu et à l'époque » (Journal, mars 1970).

Il se renseigne, il se documente : « Continué à étudier sur la carte Michelin n° 53 (Nord) la campagne de 93 : environs de Cambrai, Maubeuge et Valenciennes - que j'ai vues en 1956 encore bien abîmés par la 2e G.M. Bricard donne de bons renseignements, Vernère et Putigny aussi, mais pour la vivacité du récit c'est encore à Thiébault qu'il faut en revenir ». (Journal, 5 octobre 1970). Le 30 janvier 1970 : « Ce mois-ci écrit 55 pages pour "Fontsaguette" car je crois que c'est le nom que je choisirai pour ce roman ». Beaucoup de chapitres qu’il note dans son journal n’existent plus, ou n’ont pas été retenus dans la version finale.

En écrivant Fontsaguette, Jean se met à en sculpter les héros : « Pour me délasser, ayant écrit tous les jours, le soir je sculpte un petit fantassin en bicorne dans un morceau de planche de l'ancienne bibliothèque (...) Je sculpte un petit hussard révolutionnaire dans un éclat de pin ». (Journal, 19 et 24 mars 1970). Il fit aussi huit dessins pour illustrer Fontsaguette.

Ce roman ne trouva jamais d’écho auprès des éditeurs, et fut refusé avec une jolie régularité ; « L’inadaptation au milieu et à l’époque » dont parle Jean de lui-même avec justesse, n’y est sans doute pas étrangère. Et puis le récit est historiquement trop précis, sans la légèreté inconsistante qui paraît-il « plaît » aux lecteurs de notre temps. Jean s’est trompé d’époque : nul doute que né au XIXe, il eut pu prendre place sans balancer, dans les journaux à feuilletons, auprès d’un Balzac, d’un Dumas, d’un Gautier, d’un Eugène Sue, auprès des plus grands enfin.

         lire le romain en ligne , télécharger le pdf format A4 , télécharger le roman format liseuse

Le siège de Strasbourg 1870 par Cécile de Dartein

Jean Escande a préfacé ce journal du siège de Strasbourg, en 1870, écrit par une jeune fille de la bonne société, Cécile de Dartein. Ce document dormait dans les archives de la famille de sa femme. Cécile raconte au jour le jour les assauts de « ces chers Prussiens », qui ne ménagent pas leurs efforts pour détruire Strasbourg, et en terroriser sa population. Elle ne manque ni de courage, ni d’humour, pour nous conter l’installation des familles dans les caves...,

Adrienne Puech en Egypte, 1908   Par Jean Escande

 .

Adrienne Puech, née Tournier, qui avait marié sa fille Eva en 1894 au docteur Abélous, profite en 1908 d’une tournée de prospection de son mari Armand, ingénieur, pour visiter l’Egypte (cet Armand Puech a une rue à Mazamet ; il aurait inventé les filtres pour purifier l’eau des usines dans la gorge de Mazamet).


A propos de Jumel de Noireterre   Par Jean Escande

On trouve sous le Premier Empire un major Jumel, qui passe directement général de brigade sans subir les grades intermédiaires, ce qui montre de la chance ou un certain mérite. Il fut nommé « pour servir à Java » .....Pour ce qui est du collage des patronymes paternels et maternels afin de créer ce qu’on appelle la noblesse d’apparence, Jumel de Noireterre est loin d’innover....

Carnet de route d’un officier du 9è régiment d’artillerie de Castres 1915. Par Jean Escande et Bertrand de Viviers

Régiments de Castres à la Belle Epoque, les 3e et 9e d’Artillerie ont entre 1875 et 1914 vu passer des milliers d’hommes. Il est pourtant rarissime d’en trouver trace dans des correspondances privées. La Bonne Fortune, favorable aux chercheurs, a indiqué à Bertrand de Viviés au fond d’un placard le Carnet de Route tenu par son grand-père Timoléon en janvier février 1915.


La vie ordinaire à Villeneuve de Berg sous la Révolution 1790-1791

Quoi de plus intéressant que la vie ordinaire de cette petite ville à la période la plus troublée de notre histoire? Toutes les Histoires de clocher sont reprises dans les registres municipaux de l'époque.

Jean Escande nous en sort la quiescence .

 Paru dans la revue de Villeneuve de Berg en 1985

La cuisine Tarnaise : "As déjunat?"

A qui veut se donner la mine du languedocien de souche, on ne saurait trop recommander de ne pas aborder les gens avec un "bonjour", qui sent à dix mètres son étranger et resserre la méfiance de l'indigène déjà pas tellement causant. Il est une façon franche, rustique et bien disante, de s'aborder entre autochtones du pays de Lavaur à la montagne Noire : -"As déjunat?"


Un duel d'agents secrets à Villeneuve de Berg au XVIII ème

Un duel d'agents secrets à Villeneuve de Berg au XVIII ème siècle : Choderos de Laclos contre le comte d'Antraignes.

De nos jours, l'importance politique qu'avait Villeneuve surprend. A l'époque, c'est un point névralgique: une forteresse catholique et royale au centre d'un pays peu sur depuis les guerres de religion...

 

Paru dans la revue de Villeneuve de Berg en 1882

Récit d'un résistant du Tarn autour de Dourgne et Saint-Amancet

Comment je suis entré dans la Résistance.

 J’aimais la Résistance ; je n’admettais pas Vichy, je n’aurais pas pu ne pas être résistant ; c’était impossible, impossible.

J’avais des idées très bien arrêtées en 40. J’étais antifasciste comme on respire, antifasciste.

J’étais anti-communiste parce qu’antifasciste ; quand je suis arrivé en Allemagne que j’ai su ce que l’on faisait à l’Est, là j’ai été encore plus anti-communiste. Pour eux, le communisme était le symbole de la Liberté, parce qu’ils ne savaient pas ce qui se passait de l’autre côté. Moi je le savais... Parce que je m’intéressais à la naissance du nazisme et je savais que, parallèlement, il y avait un autre nazisme de l’autre côté, à l’Est, et que les deux étaient cousins-germains. Il fallait être un con absolu pour ne pas le voir.    Lire la suite en cliquant sur ce lien    ou

Castres ville de garnison

 AU DÉBUT DE LA RÉVOLUTION

 Dans la liquéfaction sociale qu'est la Révolution à ses débuts, le premier problème, à Castres comme ailleurs, est celui du maintien de l'ordre. Or l'armée est en pleine décomposition: «La défection de l'armée n'est pas une des causes de la Révolution : elle est la Révolution même» (Rivarol).

 Pourtant, dès la déclaration de la patrie en danger, 4 mars 1792 : «Dans le district de Castres, c'est une fureur pour contracter des engagements dans les troupes de ligne ; dans deux jours il en a été contracté plus de 50 et nous apprenons que dans les autres districts c'est le même empressement ; on a été même dans le cas de refuser un bon nombre de jeunes citoyens qui n'avaient pas encore l'âge requis ; ces recrutements nous enlèveront plusieurs volontaires».

Lire la suite en cliquant sur ce lien  ou

Le cousin de Curacao ou le dernier des Dupuy de Chassiers 1768

Un sport très en vogue chez les jeunes femmes bien faites et sans fortune à la fin du XVIII ème : se faire coucher sur des testaments de gens bien rentés, surtout quand la succession n'a pas d'héritiers !

 Emilie Porto-Carrero, fille illégitime d'un Grand d'Espagne, et une championne à ce jeu.

 

Paru dans la revue du Vivarais 1982 Tome 86

L’écologie sous la Restauration          Félix de Dartein sous-préfet a Lavaur (1826-1829)

Pendant que Charles X s'installe béatement dans un pouvoir qu'il estime durable, un jeune homme de 30 ans, Félix de Dartein (1) prend place à Lavaur, cette année 1826, comme sous-préfet. Il y restera 3 ans. Félix de Dartein n'est pas nouveau dans l'administration : il a déjà été secrétaire du Préfet du Doubs, Villiers du Terrage. Son supérieur, le vicomte Decazes, Préfet du Tarn, envoie à Félix différentes notes à méditer dans son bureau près de Saint-Alain : la mode sous la Restauration est au reboisement et à l'entretien des forêts ruinées par 25 ans de guerre et de révolutions. Il y a fort à faire...

Lire la suite en cliquant sur ce lien ou